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jeudi 31 juillet 2014, par Alain Gresh

A chaque nouvelle offensive israélienne contre les Palestiniens, ressurgit le même argument : pourquoi vous focalisez-vous sur ce conflit qui fait bien moins de morts que les guerres ravageant d’autres pays, comme le Congo, la Syrie, l’Irak ? En quoi le conflit israélo-palestinien est-il à part ? C’est pour tenter de répondre à cette question que j’ai écrit De quoi la Palestine est-elle le nom ? (le livre a été traduit en arabe (ألان غريش : علامَ يُطلق اسم فلسطين؟).

Le texte ci-dessous est un extrait de la conclusion de l’ouvrage. Il répond notamment au journaliste Hugues Serraf à propos de l’offensive israélienne sur Gaza de décembre 2008 – janvier 2009.

« Si un mort israélien vaut plusieurs morts palestiniens, combien faut-il de cadavres congolais pour un linceul gazaoui ? C’est un bête entrefilet de quelques lignes, une dépêche AFP que personne ne s’est donné la peine de réécrire ou de compléter. […] 271 personnes auraient été tuées depuis le 25 décembre 2008 en République démocratique du Congo par les hommes de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA en anglais), un groupe venu d’Ouganda et en route pour la République centrafricaine. »

Voilà ce qu’écrivait le journaliste Hugues Serraf durant l’attaque israélienne contre Gaza. L’interrogation est légitime, même si la conclusion est problématique :

« Comprendre comment Israël est devenu le méchant idéal ; celui que vous adorerez haïr sans retenue puisque sans risque d’être contredit autrement que par un « sioniste » ; celui dont vous comparerez systématiquement les crapuleries à celles des nazis […] Cette spécificité des réactions à ce qui touche Israël a peut-être des ressorts raisonnables que je suis honnêtement incapable de saisir. Peut-être est-il réellement possible de décréter que le conflit avec les Palestiniens est plus grave, plus intense, plus tragique — bref, plus tout et n’importe quoi que tout et n’importe quoi. Il faudra me le démontrer. »

Essayons de le « démontrer », même si, sous sa feinte naïveté, l’opinion de Serraf semble arrêtée : c’est l’antisémitisme qui expliquerait cette « fixation » sur la Palestine, laquelle permettrait d’exprimer, sans honte et sans remords, cette « haine éternelle » à l’égard des juifs. La Palestine serait-elle le nouveau nom de l’antisémitisme ?

la suite sur le blog d’Alain Gresh, Nouvelles d’Orient.

 

 

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