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Le communiqué de la Fédération SUD Education :

Nous avons été choqué-e-s par les assassinats qui ont coûté la vie à 12 personnes dans les locaux de Charlie Hebdo et causé de nombreux/ses blessé-e-s. Nous tenons à apporter notre solidarité aux victimes et à leurs proches. Nous condamnons sans réserve ces actes horribles.

Notre émotion est immense. Charb, notamment, avait été présent comme illustrateur à plusieurs congrès de notre fédération et nous utilisions fréquemment ses dessins dans nos publications, ainsi que ceux d’autres victimes.

La liberté d’expression est une liberté publique fondamentale. En s’y attaquant avec cette violence meurtrière, cet attentat relève du fascisme.

Les rassemblements spontanés qui se sont organisés partout en France témoignent de la très forte émotion que cette atrocité a suscitée et d’une grande aspiration à la solidarité.

Nous dénonçons toute tentative d’amalgame, toute instrumentalisation, d’ores et déjà engagées.

L’extrême droite et la droite plus ou moins extrême tentent de surfer sur l’émotion pour en appeler qui à la « guerre totale », qui au rétablissement de la peine de mort, qui à la « libération » d’une parole raciste déjà bien débridée, etc. La solidarité avec les victimes de Charlie Hebdo doit s’accompagner du combat contre tous les fascismes, religieux ou nationalistes, contre tous les racismes.

Dans un contexte où le racisme a déjà le vent en poupe, que les personnes cataloguées « arabes » ou « musulmanes » subissent tout particulièrement, nous devons nous opposer à toute stigmatisation qui pourrait résulter d’une volonté politique d’assimiler à cet acte atroce des personnes sous prétexte de leur culture ou de leur religion, réelles ou supposées. Dès le lendemain du massacre, plusieurs attaques ont eu lieu contre des lieux de culte musulmans, avec grenades et armes à feu. Nous condamnons fermement ces attentats, qui visent à créer eux aussi un climat de terreur et à activer une guerre raciste.

Nous nous opposerons à tous les projets de lois liberticides qui amplifieraient le muselage du mouvement social et la surveillance généralisée de la population. Les libertés publiques, le droit aux communications privées, la liberté d’expression, de manifestation, de grève, ne doivent pas être sacrifiées sur l’autel de la lutte contre le terrorisme.

Le PS et le gouvernement instrumentalisent déjà pour leur part l’attentat contre Charlie Hebdo pour en appeler à « l’unité nationale ». Même Marine Le Pen est invitée à l’Élysée pour discuter de la situation ! Si l’émotion suscite une légitime aspiration au rassemblement, ces appels à « l’unité nationale » ou au « front républicain » sont une impasse pour le mouvement social et démocratique. Ils visent à faire taire la conflictualité sociale et à unir la population derrière les dirigeant-e-s qui mènent des politiques extérieures impérialistes et des politiques intérieures antisociales, de stigmatisation raciste et anti-immigré-e-s, de chasse aux sans-papiers et de harcèlement des Roms. Ces politiques portent une lourde responsabilité dans le climat actuel et dans ses effets délétères. Ce n’est pas en le taisant que nous ferons régresser les fanatismes et les fascismes.

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